Abstention, un acte de paresse

abstentionNe pas aller voter, c’est déguiser la flemme de se déplacer en un acte de courage de résistance. On voit fleurir les commentaires qui fustigent les abstentionnistes, coupables de brader une liberté démocratique que des dizaines de pays nous envient. Et de se souvenir que notre liberté de s’exprimer vient de ce que nos aïeux ont lutté au péril de leur vie pour nous l’offrir. On parle souvent de la liberté d’expression, pas de la liberté d’abstention. En ne se déplaçant pas, les français se trompent de combat. À bouder comme des enfants gâtés un scrutin « facile », à l’abri des bombes Irakiennes, des fusils Afghans, des pressions de tel pays africain ou sud américain, ceux qui ne remplissent pas leur devoir civique assassinent, un peu à la foi, l’espoir que la démocratie règne sans partage de par le globe. Alors au soir d’un scrutin régional de deuxième tour qui voit l’abstention à peine descendre sous les 50% posons-nous la question de savoir ce que nous voulons ; qu’on nous foute une paix royale sans nous demander notre avis, au risque de perdre la liberté à laquelle nous tenons tant ( alors pourquoi voter ?) ou qu’on prenne ne compte notre choix de citoyen. Il ne faut pas oublier que s’exprimer en masse exerce une pression importante sur nos politiques et les responsabilise. Mentir à un peuple désabusé est à la portée du moindre élu, dire la vérité à un pays acteur de sa vie politique devient une évidence que nul ne peut contourner. Alors, comme on fait ses courses, on va au cinéma ou au restaurant, il n’est pas plus de temps perdu que d’aller dans son bureau de vote et dire ce que l’on pense. Et si l’envie vient de ne pas vouloir choisir, il reste encore et toujours, dans le secret de l’isoloir, la possibilité de voter nul, mais de voter.

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Philippe Szykulla