Adieu Cabu, Charb, Wolinski et les autres… je vous aimais !

Charb, Cabu, Wolinski, Tignous. Vous êtes tombés sous les balles de l’intégrisme avec vos compagnons d’infortune. Je suis révolté, je ne comprends pas. Vous ne serez plus là pour nous dire de combattre l’obscurantisme. Vous nous manquerez, vous manquerez à la France, vous manquerez à la société toute entière.

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Sans voix !

Et les mots me viennent difficilement. Que dire de cette multiple tragédie ; celle qui a ôté la vie à de respectables innocents, celle qui a bafoué la démocratie, celle qui étouffe dans une fusillade le symbole du courage d’expression, celle qui donne à la liberté le goût amer de devoir toujours la reconquérir et la mériter, celle qui fait de la publicité pour de lâches extrémistes qui vivent sur la mort ce ceux qu’ils suppriment.

J’attends sans impatience le nom des victimes de l’attentat barbare contre Charlie Hebdo. Je vais les lire attentivement pour m’imprégner de leur sacrifice involontaire et leur rendre un modeste hommage. Je veux me souvenir de ce 7 janvier 2015, pour le restant de mes jours, pour prier de mon âme de mécréant que cessent ces meurtres au nom d’un dieu.

Un sentiment d’impuissance, de révolte. Est-ce suffisant ?

Je préfère mourir debout que vivre à genoux », disait Charb. J’aurais tant aimé qu’il continue à marteler ces mots, encore et encore, pour braver la connerie. Mais non, il est tombé sous les balles, dans un instant explosif qui lui a ôté la vie. Les autres, Wolinski, Cabu, Tignous, que j’adorais détester, que j’avais peur d’admirer, que mon indifférence les laissait mener le combat, seuls dans la masse molle.

na!

Dessin de na!

 

Je suis abattu ce soir, abasourdi et je voudrais tant pouvoir rester debout de toutes mes forces pour prendre le relais de ces corps couchés à jamais. La France va se réveiller, les prochains matins, avec un goût amer dans la bouche, celui de la tristesse de nous savoir orphelins de ces caricaturistes, mais aussi de leurs compagnons d’infortune. Notre nation vient de payer un lourd tribut à la violence aveugle, trop, vraiment trop de sourires partis en un éclair. Et  nos gardiens de l’ordre, descendus froidement dans l’exercice de leur mission, méritent notre affliction, notre chagrin.

Des pensées pour les victimes, nulle attention pour leurs bourreaux

Je préfère terminer sur des pensées d’accompagnement des familles touchées, sur une tendresse infinie pour ces martyrs qui ne demandaient pas à le devenir. Et pourtant je sens la haine me ronger les entrailles, je la devine tapie au fond de moi, grandir au fil des exactions terroristes qui nous frappent de plus en plus. Les auteurs des supplices au nom de leur divinité méritent le mépris, le rejet, demande justice crie vengeance, peut-être, mais pour l’heure, je garde ma préférence aux victimes qui ont des milliards de fois plus d’intérêt à mes yeux que leurs bourreaux.

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