Anonyme ou nom (non) sur Internet ?

Un débat s’installe ces derniers temps sur la « dictature » imposée par Google pour son réseau social. ON DOIT S’INSCRIRE SOUS SON VRAI PATRONYME. Les défenseurs de l’anonymat y vont de leur couplet sur la vie privée, sur la liberté de se préserver à travers un pseudo. D’autres, plus téméraires, trouvent qu’il est tout à fait normal d’apparaître tel que l’on est, là où on se positionne.

Un premier argument en faveur du tout transparent est que nul n’est obligé de s’afficher sur le net. Du temps de la vie au village, il y avait déjà ceux qui postulaient à la vie publique et ceux qui restaient bien gentiment dans leur coin. Alors, cette vie sociale artificielle sur Internet n’étant pas indispensable à la survie des individu, rien n’empêche de se satisfaire de son cercle d’amis physiques proches. Vous direz que les distances ont tellement évolué, que pour paraître il faut apparaître. A ce sujet, il est évident que beaucoup utilisent Facebook ou Google plus, par exemple, pour être reconnus, même sous un pseudo et surtout collectionner des amis virtuels en nombre, comme des trophées de victoires sur l’anonymat. Un second argument pour défendre l’inscription sous son vrai nom sur les réseaux sociaux est que, si l’on veut donner son opinion et être réellement entendu comme on le souhaite, c’est à dire avec la personnalité qui accompagne son patronyme, la seule possibilité est de s’appeler sur Internet comme dans la vraie vie. Un dernier point est celui du courage : « je veux bien m’exprimer dans une démocratie dans laquelle je ne risque pas de répression punitive eccessive, mais pas aux yeux de tous » !

Pour prendre le contrepied de ces propos, et c’est ce qui est le plus souvent avancé, il y a la protection de son intégrité physique ou morale. Tel père tremble lorsqu’il pense à ses jeunes enfants livrés aux pervers, un demandeur d’emploi désire briller sur la toile mais sans laisser de traces qui lui seraient fatales. Autre chose. Si je ne m’abuse, Mark Zuckerberg ou Larry Page ne sont pas chefs d’état, il ne sont pas légitimés par une législation démocratique et de quel droit ils imposeraient des règles de transparence (alors qu’eux même sont loin de l’être !!). L’État démocratique donne aux citoyens le droit de protéger sa vie privée… et une organisation ultralibérale, basée sur l’inflation virtuelle des deuxièmes vies s’arrogerait le pouvoir de mette l’identité de ses membres sur la place publique ?

Dans ce meli melo, plusieurs considérations. Comme nous le disions précédemment rien n’oblige à s’inscrire sur les réseaux sociaux, ceux-ci n’apportant que peu d’avantages directs, ce qui fait taire les grincheux qui prône l’anonyma à tout crin ! Et que les parents qui ont peur pour leur progéniture empêche celle-ci de se commettre sur la belle araignée. Petite parenthèse : les pères et les mères nous diront les trésors d’ingéniosité déployés par les jeunes pour échapper à leur vigilance ! (Et ce n’est pas nouveau, cela s’appelle encore faire le mur…). Par contre, ce beau miroir aux alouettes qu’est le Net doit respecter d’attraper ses mouches mais de les traiter avec dignité.

Je fais personnellement partie des gens qui aiment savoir à qui ils ont affaire, et j’ai choisi d’apparaître publiquement sur Internet pour que tous puissent savoir qui je suis. Ce qui fait que je penche assez naturellement vers la solution de l’inscription sous son vrai nom, ce qui peut éviter aux malotrus de se comporter de façon malsaine. A contrario, nous devons tous réfléchir à la protection des internautes fragiles, dont, bien sûr, les enfants. Et attention à Big Brother, le danger est là !

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Philippe Szykulla
Publications: 180