Dépenser moins et vivre mieux, c’est possible ?

Qui ne s’est jamais demandé si le monde n’allait pas un peu trop vite pour rester en ordre ? Moi, en tous cas, je reste un consommateur occidental, c’est à dire excessif dans ses achats, avec une tendance à trop dépenser, mais je me pose tout de même la question du bien fondé de ce gâchis incontrôlé.

Dépenser moins, et vivre mieux... mais l'argent reste roi !

Vivre sans trop dépenser, impossible… Qui ne s’est pas demandé, surtout en cette période de disette annoncée, s’il était possible de dépenser moins  sans hypothéquer son confort de vie ? Je fais partie de ceux qui se posent la question sans cesse, pas seulement pour faire des économies mais pour coller un peu à la logique. Quand on voit le gâchis que nous apporte la mondialisation en « externalisant » certaines productions, il y a de quoi se dire que la planète tourne dans le mauvais sens. Alors ?

Le riz de Camargue

Savez-vous que du riz est produit en Camargue et qu’il est excellent. Pour arriver dans l’assiette, quelques centaines de kilomètres tout au plus, contre des milliers pour le chinois ou l’indien, certes très bon ? De même, les pommes préférées de ma fille viennent d’Argentine, moins chère que celles produites dans le verger tout proche. Quand on regarde bien, pour vivre mieux collectivement il faudrait acheter local, donc dans un premier temps plus cher, mais à long terme moins de CO2, production française…

Combien de chemises pour monsieur ?

Le premier je me dis qu’avoir trois chemises du Bangladesh, ça fait beaucoup mieux dans mon armoire, sauf que je ne les aime pas vraiment et que j’en met souvent une autre qui vient d’une friperie. Elle a une étoffe solide, un look décalé et une santé éprouvée par les ans. Par ailleurs, comme elle a été lavée des dizaines de fois, déjà, elle ne contient plus d’apprêt,  donc moins nocive pour la peau, et tout autant écolo que les loques en lin vues dans le magasin bio.

D’un point de vue santé de environnement, il n’y a pas photo : recyclage et deuxième vie pour la liquette achetée 5 euros au petit « magasin » mission pour les pauvres. En faisant ça, je fais œuvre, de plus, de charité, sans avoir à me donner bonne conscience en participant à la collecte des nombreuses associations contre 66% déduits de mes impôts. Ces collectes sont importantes, il est vrai, mais j’ai choisi la méthode directe.

Pour l’instant, j’ai payé mon riz un peu plus cher, et ma chemise deux fois rien !

Le point avec la voiture

La voiture… pour des raisons personnelles j’ai dévié mon activité professionnelle à 25 kilomètres de mon domicile, alors qu’il m’est possible de n’en faire que 2. Au final, 10 000 bornes par an, au lieu de 500, maxi, parce que lorsqu’il fait beau, je vais à pied ou à vélo. Ma femme, idem ! Deux voitures, deux assurances… les comptes sont ronds. C’est décidé, je travaille à nouveau plus près de chez moi cette année. J’ai cru que ce serait moins gratifiant, mais on s’y fait. Surtout que je gagne strictement la même chose.

De ce fait, puisque les enfants sont grands, je vais user l’auto familiale jusqu’au bas de caisse, et j’en achèterai ou pas dans 20 ans ! À ce moment-là, plus de crédit pour la maison, tout bénef, même si ma retraite risque d’en prendre un bon coup derrière les oreilles !!La maison… Et puis, est-ce que ces prochaines années, il nous faut impérativement avoir 140 mètres carrés habitables, plus le garage et le sous-sol. Chauffer, entretenir, taxes diverses et salon/salle à manger avec taux d’occupation ridicule, pour dépenser sans compter ?

Dépenser pour des vacances, mais où aller ?

Les vacances… partir, qu’est-ce que ça fait du bien. Mais nous sommes conditionnés par le soleil à tout prix, à l’étranger sinon rien, aux séjours à 3000 euros pour la famille minimum pour faire standing. Mais le repos, c’est dans la tête que ça se passe, sans dépenser une once d’économie. Derrière chez moi, il y a une jolie rivière, et se promener le long du chemin de halage est fantastique. C’est vrai que je n’habite pas vraiment la ville, mais au cœur de celles-ci, ne fait-il pas bon vivre au mois d’août ?  Pas de circulation, souvent un peu de fraîcheur dans le parc et les trottoirs pour nous seuls !

Mon inventaire à la Prévert, désordonné, n’est pas une recette. Il est un questionnement fondamental. De quoi avons-nous besoin pour vivre en paix avec nous-mêmes ? J’ai un début de réponse, je vous en ai fait part ci-dessus, mais aucune certitude quand à une application étendue, pleine et entière. C’est que suis tenté, comme tout le monde, et que ça fait vraiment du bien de se faire plaisir, dans l’immédiat, même si la planète et le portefeuille sont atteints !

Ceci dit, je suis heureux que dans un coin de mon esprit il y ait cette petite parcelle de bon sens. À la bonne conscience s’ajoute la bonne conduite, parce qu’il en reste toujours un peu de ces résolutions, et qu’elles me font vivre en harmonie avec ce dont je rêve. Je dépense un peu moins, je vis un peu mieux et mon compte en banque ne s’en ressent pas. Toujours fauché, bien avant la fin du mois… Mais plus zen !