Les Virtuoses, une première réussie et prometteuse à Erquinghem-Lys

Un grand duo burlesque est né à Erqinghem-Lys : les Virtuoses. Les frères Mathias et Julien Cadez nous ont présenté un spectacle de qualité, de dimension nationale. Rien ne manque dans ce show musical dont le piano est au centre de toutes les attentions, pour ravir le public, qui, ce dimanche 28 décembre 2014, faisait salle comble pour acclamer la prestation des artistes sur scène.

Virtuoses

Photo © Coralie Caboche 2010

Erquinghem-Lys, ça ne dit pas grand-chose à grand-monde ! Et pourtant il fallait y être en ce dernier dimanche de l’année 2014. La première d’un show spectaculaire, devant plus de 500 personnes, qui plus est consacrée à la musique classique. Ils osent le faire, avec brio : ce sont les Virtuoses.

Leur recette est simple. On prend une trame de tubes de grands compositeurs qui va de Vivaldi à Bach, en passant par Mozart et Beethoven et on lui donne le dynamisme dont les deux musiciens sur scène ne manquent pas. Mathias et Julien Cadez, tous deux enfants du pays, pianistes formés au Conservatoire de Lille, complices comme les frères qu’ils sont, ont une confiance totale l’un envers l’autre, ce qui les rend présents sur un plateau dont la largeur pourrait tenir un orchestre symphonique.

Du piano aux instruments virtuels

D’ailleurs, les instruments s’invitent en cours de spectacle, faisant même participer la salle dans un concours de air-musique. Le public est conquis, rit spontanément de trois de ses représentants qui jouent qui de la flûte, de la clarinette ou du triangle, tous virtuels. Plus tard, une batterie ou une contrebasse invisible nous entraîne dans un swing jazzy endiablé. Les deux compères se dépensent sans compter et leurs gestes font illusion.

Instants magiques, moment de magie

La magie est omniprésente, comme cette lumière matérialisant la voix d’une diva qui se déplace au gré de la mélodie dans les airs, allant de l’un à l’autre des protagonistes qui l’attrape puis la renvoie. L’illusion ira même jusqu’à soulever à l’horizontale l’un des frères Cadez, au piano, alors qu’il continue à jouer. Mais si on parle de magie, il faut aussi parler des lumières, réussies et de la poésie des tableaux calmes, alternant avec succès avec ceux plus rythmés. On ne s’ennuie pas un instant à l’écoute de pièces lentes, nimbées d’une source d’éclairage intimiste, tant le son est restitué de façon à ce que l’oreille accueille l’instant avec plaisir et respect.

Deux personnages réussis

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Mathias Cadez

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Julien Cadez

Les personnages sont réussis, burlesques et attachants. Ils se définissent eux-mêmes comme deux pianistes virtuoses et clown. Le maquillage, la coiffure, contrastent avec le frac traditionnel qui rappelle bien que nous avons affaire à des instrumentistes accomplis. Il est surprenant de voir combien les Virtuoses maîtrisent le jeu de scène. Ce n’est pas tout de connaître la musique, encore faut-il savoir la mettre en valeur.

Le pari fou est réussi ; concilier le sérieux et la fantaisie pour réconcilier la grande musique avec un public qui ne la côtoie pas tous les jours. Les Virtuoses ont su convaincre, en jouant sans surjouer une partition à deux qui, espérons-le, les mènera loin.