37,2 le matin… et le soir ? Un petit coup d’économie de marché et ça monte !

Les bourses semblent stables mais le coup de chaud n’est pas inévitable. La fièvre est prête à se propager à nouveau au moindre incident, à la moindre spéculation mal maîtrisée. Trouvera-t-on un remède à chaque fois ou la prochaine attaque sera-t-elle fatale ?

Quand la température monte, c’est que le corps se défend. Il fabrique des anticorps et donne au sang une chaleur insupportable pour les agresseurs extérieurs de tous genres. Il est vrai que lorsque la maladie est sérieuse, cette fièvre conduit à la mort, l’organisme étant trop faible. Au mieux, ces chairs meurtries seront maintenues en vie artificielle pendant quelques temps. Une rémission ou deux donnera l’illusion qu’un espoir est encore permis.

Mais qu’en est-il du système libéral que nous connaissons aujourd’hui, système, soit dit en passant, qui a connu un degré d’interventionnisme des États, des banques jamais rencontré ? Et bien, cette économie de marché, porteuse de richesses fabuleuses et de spéculations mirifiques, vie au rythme des fièvres des places boursières.

Confiance or not confiance ?

La confiance des uns pour une valeur, la défiance pour une autre pour la plupart conduisent à un instabilité dont on se garde bien, en plus haut lieu, de nous distiller des explications sur la volatilité des cours. Certes, de belles périodes haussières nous font croire que l’économie peut toujours rebondir, s’en sortir, rendre les hommes plus riches (du moins ceux qui le méritent, c’est à dire qu’il faut habiter le bon pays, au bon moment…). Les vertus déclarées ne manquent pas : financement des entreprises, lieu d’épargne, gestion du risque par le biais des négociations obligataires et d’actions, négociabilité des titres, indicateur économique. Alors pourquoi cette odeur de souffre insupportable ces derniers temps, pourquoi ces soubresauts qui font s’agiter les chefs d’états européens et américains ?

Compliqué pour des États naïfs

Parce que tout cela est bien plus complexe que ce que les apparences nous livrent. Par exemple, la croissance ne peut pas être éternelle, c’est mathématique, à un moment où les sonnettes d’alarme sont tirées les unes après les autres : climat, matières premières, faim dans le monde, gestion de l’eau. Et de croire finalement que le système capitaliste est la panacée est insupportable. Car la fièvre du monde de l’argent est maintenant sous perfusion : l’édifice vacille parce que le monde vit au dessus de ses moyens, à l’aide d’emprunts faramineux… et pour s’en sortir, mis à part faire des économies de fonctionnement il faut souvent à nouveau emprunter !! Revenons juste sur la notion de rationalisation du fonctionnement des états. Il est impensable que nos gouvernants soient suffisamment idiots pour s’imaginer que de faire un effort de 1 milliard de temps en temps va dégonfler la bulle monstrueuse dans laquelle ils nous ont emmené. En effet, il en faut des bouts de milliards pour en rembourser des milliers. Il n’y a qu’à voir : la santé d’un pays se chiffre à sa capacité à pouvoir emprunter !!

Gueule de bois à l’horizon garantie…

Finalement, nous avions commencé par une allégorie fiévreuse, et nous finirons par une magnifique gueule de bois, avec un mal de crâne lancinant. Entre nous, si 8 français sur 10 sont inquiets à propos de la gestion de notre dette, c’est qu’il y a bien une raison. Refusons-nous de croire que 80% de ces français sont des imbéciles. Sauf si on tient compte du fait que rien ne bouge, et que c’est bien là leur faute. Se sentir en sécurité, même fragile vaut sûrement mieux que de prendre des initiatives radicales ! Étienne de la Boétie en parlait déjà, au 16ème siècle dans son essai intitulé Discours de la Servitude volontaire. Allez, notre bourse est tributaire de la Bourse, si elle va mieux aujourd’hui et demain, nous garderons notre confort quotidien, lorsque nous en avons un. N’empêche que je ne peux empêcher un frisson me parcourir l’échine : un début de fièvre, peut-être ?