Boucles d’or, ou Montebourg se fait son matelas pour l’avenir

Cette semaine Arnaud Montebourg a joué à boucles d’or, il a goûté à toutes les soupes pour retenir la plus tiède et s’est vautré sur les positions de Martine Aubry et de François Hollande pour garder la plus moelleuse. Faut-il en déduire que les deux protagonistes du deuxième tour de la primaire citoyenne socialiste se penchent avec tendresse sur le visage angélique d’Arnaud, après avoir endormi ses ardeurs ?

Le fauteuil

N’ayant pas pu s’octroyer un fauteuil, il s’est agi de s’assoir sur la banquette du Parti Socialiste. Est-elle suffisamment solide pour résister à son choix de favoriser le prochain gagnant, ou toute la famille s’effondrera-t-elle sous le poids de cette stratégie ? A moins que, lorsque la gauche se lèvera d’un seul homme, il ne subisse la bonne farce du quidam assis sur le bord d’un banc et qui se retrouve les quatre fers en l’air.

 

La soupe

Entre le breuvage trop chaud de Martine Aubry et le potage pas assez salé de François Hollande, Arnaud Montebourg a fait le choix de la fadeur. Lui ,qui prônait un axe à gauche toute, au point de ne pas trop déplaire à Mélanchon, a fait preuve d’une faute de goût qui ne l’honore pas. De peur de partager la cuiller de bois de Bayley il a plongé son couvert dans le met du favori des sondages, donnant une impulsion sans ambiguïté à la suite des opérations. Du souper du roi auquel on aspirait, il a préféré un dîner presque imparfait.

Le matelas

Arnaud Montebourg a flatté de la main la qualité et l’épaisseur du rembourrage de chaque perspective le concernant. En s’engageant avec le favori, en lui donnant un coup de pouce, il fait le potentiel prochain président de la République, entrant ainsi avec Hollande dans l’histoire de France. Par ailleurs, il met bien au chaud sous la couette sa légitimité à incarner un courant au sein du PS, et pose des jalons pour un futur qui pourrait bien lui sourire au plus haut niveau, même si ses pieds dépassent largement de son édredon égocentrique.

Et la fin ?

Dans les contes, boucles d’or est tuée par les ours, ou parfois chassée hors de la maison. Quel sera le sort de Montebourg, une fois le match terminé, qu’il soit à l’avantage des uns ou des autres ? Tout à l’euphorie de la semaine de sa vie, il n’a pas encore jaugé son futur, et nous pourrions lui recommander de garder un bon jeu de jambe pour la suite… et quel enseignement à ceci ? Bruno Bettelheim ne constatait aucune fin heureuse à l’histoire mais soulignait une lutte au sein de situations œdipiennes, la recherche d’une identité et la jalousie fraternelle. S’y reconnaîtra qui veut !

 

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Philippe Szykulla