Jean-Pierre Bel au Sénat, la gauche à l’Élysée

M. Jean-Pierre Bel, 59 ans, sénateur socialiste de l’Ariège, a été élu Président du Sénat, par ses pairs samedi 1er octobre 2011.

Au cours d’une séance publique présidée par le doyen de la Haute Assemblée, M. Paul Vergès, sénateur communiste de la Réunion, et à l’issue d’un scrutin public à la tribune, M. Jean-Pierre Bel a été élu dès le premier tour par 179 voix, contre 134 voix pour M. Gérard Larcher, Président sortant et 29 voix pour Mme Valérie Létard, sénatrice centriste du Nord Pas de Calais. Il a obtenu 7 voix de plus que la majorité absolue des 343 suffrages exprimés.

Le Président du Sénat assure l’organisation et la direction des débats. Il veille à la sécurité et au bon fonctionnement du Sénat qu’il est chargé de représenter.

Garant de la continuité de la République, il exerce provisoirement la fonction de Président de la République en cas de vacance ou d’empêchement constaté par le Conseil constitutionnel. Tel a été le cas en 1969 après la démission de Charles de Gaulle et en 1974 à la mort de Georges Pompidou. C’est alors Alain Poher qui, par deux fois, a incarné la continuité de l’État.

Gardien de la Constitution, le Président du Sénat nomme trois des neufs membres du Conseil constitutionnel. Il peut aussi le saisir si certaines dispositions des lois votées ou des traités à ratifier lui semblent non conformes à la Constitution.

Autre pouvoir important du Président du Sénat, il nomme notamment certains membres du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), et de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).

Dans le fonctionnement des institutions, il est un interlocuteur incontournable. Le Président de la République doit obligatoirement le consulter, en cas de dissolution de l’Assemblée Nationale ou en cas de recours à l’article 16 de la Constitution qui peut s’appliquer « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu ».

Une réelle révolution vient de secouer « tranquillement » la Vème République. Le deuxième personnage de l’État est un socialiste, issu de la bascule du Sénat à gauche. Cette événement de taille donne toute latitude à la gauche de reprendre le pouvoir à un Président de la République affaibli, qui n’a pas su donner les gages suffisants de ce qu’on attendait de lui : gouverner la France dans la dignité et la constance. Trop de « Casse-toi, pauv’ con » ont émaillé son quinquennat. Trop de changement de cap, trop de faussement social et de véritablement ultra-libéral. Cet homme avait tout pour convaincre : la jeunesse, l’énergie, la légitimité d’un parti. Il n’a rien su en faire d’autre que de devenir l’ennemi public numéro UN des français. Il ne mérite pas un second mandat. Et si la droite voulait se conserver une infime chance de garder le pouvoir, Nicolas Sarkozy devrait avoir la sagesse de se retirer et de laisser un autre tenter sa chance. A contrario, la gauche a une possibilité d’accéder à l’Élysée comme jamais elle ne l’a eu depuis Mitterrand. Et encore François Mitterrand avait-il bénéficié de l’Union de la Gauche, d’un rejet de la vision monarchique de Giscard d’Estaing. Aujourd’hui, il faut gagner les prochaines élections présidentielles au PS en envoyant le meilleur candidat, mais surtout le meilleur président pour les 5 ans à suivre !

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Philippe Szykulla
Publications: 180