Battre le pavé, tant qu’il est show !

Que peut-on écrire lorsque tout a été dit ? Que coucher sur la page numérique lorsqu’on se sent las, sans énergie suffisante pour entreprendre une croisade contre l’injustice ? Il me vient une petite idée, et si je faisais un mini inventaire à la Prévert de ce qui n’a vraiment aucune importance, et qui fait tout de même tourner le monde, à l’envers, bien sûr. J’aurai matière à m’épancher, j’imagine déjà ! Commençons.

Il parait que lors de la confrontation de ce jour, DSK n’a même pas osé regarder Tristane Banon., d’après elle. En tous cas, elle s’est bien repris en offrant son image à plusieurs millions de téléspectateurs de TF1 qui l’ont dévorée des yeux lors de son passage au JT de Laurence Ferrari. Le besoin de reconnaissance médiatique de certaines personnes est étonnant. Cette inflation à l’image est suivie par une hausse spectaculaire de la bourse de Paris, pendant que les grecs défilent à nouveau dans la rue et que l’on parle de déclarer leur pays en faillite, de leur confisquer l’euro et de les oublier un peu, histoire de recoller un peu au profit sans retenue, que le couple franco-allemand puisse marcher à nouveau, main dans la main, vers plus de puissance. Puissance éphémère, illusoire, inutile. La bulle spéculative se survit à elle-même, n’apportant aucune richesse tant financière que spirituelle, et ce ne sont pas les ancêtres hellènes qui démentiront qu’un déclin vous tombe sur le paletot comme pour rire, et que l’histoire bégaie dès qu’elle le peut.

La rue est-elle un moyen de s’en sortir ? Une centaine de prostituées a manifesté  ce jeudi dans les rues de Lyon pour demander la fin du harcèlement policier dont elles seraient victimes dans certains quartiers de l’ancienne capitale de la Gaule (sic). Si c’est vrai, il faut absolument qu’elles changent de bourreaux, et visent un peu plus haut : les flics sont de bien piètres partenaires de jeu, loin du chahut de la haute société. À ce train là, elles traîneront leur misère encore bien plus longtemps que le temps qui s’est écoulé depuis qu’on les appelait péripatéticiennes… y a plus de respect ! Par contre, qu’elles se rassurent, les filles, les poulets qui cherchent à s’engraisser sans vergogne se font gauler par l’IGS. Même entre eux rien ne va plus. Dingue que des super-super flics soient obligés de fliquer les super flics. A propos de rue, les profs l’ont occupée aussi, ce jeudi, pour battre le pavé, et s’unir « historiquement » (selon la presse) dans une démonstration de ras-le-bol d’une école qui fout le camp. Et un syndicat d’enseignant du public, l’UNSA pour ne rien cacher, a claironné, dans le Nord, que l’enseignement privé n’avait rien à faire dans leur manif, et que celui-ci ferait mieux de râler à part, pour défendre son statut « à part ». N’empêche que si le privé n’avait pas été dans la rue, pour s’associer à une inquiétude générale, les cortèges auraient fondu de moitié parfois. N’oublions pas que l’union fait la force et qu’il est si facile de nous diviser pour mieux… régner.

Nous terminerons avec Einstein avec qui nous allons à nouveau relativiser : sa théorie de la relativité restreinte vient d’être confirmée par des astronomes danois. La théorie de la relativité restreinte prévoit qu’une lumière passant dans le champ gravitationnel d’une étoile, d’une galaxie ou même de la fameuse matière noire, voit son spectre décalé vers le rouge. Décidément, il est difficile de sortir de cette couleur de plus en plus à la mode, qui sied à tous ceux qui n’en finissent plus de voir rouge, laissés pour solde de tout compte par un président qui se prend pour une étoile, dans une galaxie d’après big bang, proche de la matière noire d’une élection présidentielle vengeresse !

C’est fou ce que l’actualité est riche d’enseignements. On commence entre deux trottoirs, sur l’asphalte chaud d’un automne exceptionnellement chaud et on termine dans la voie lactée, les yeux dans les nuages de poussière céleste qui nous font espérer que la démocratie sortira grandie, dans quelques mois, du choix d’une alternance politique, disons-le franchement avec un PS au pouvoir, qui certes n’empêchera pas le tapin, les ripoux, les élèves de se dissiper et les profs de s’exaspérer, mais qui permettra à un vent d’espoir et de folie de souffler, sans nul doute !

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Philippe Szykulla
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