C’est l’histoire d’un prof…

On pourrait croire les profs sans histoire. C’est un peu vrai sauf qu’ils sont surtout sans avenir, même les profs d’histoire ! Le métier part en quenouille : moins de candidats aux concours, moins de postes, donc moins d’enseignants dans des classes plus chargées. Un pouvoir d’achat en berne, en constante perte de vitesse depuis 1995. Le seul de l’OCDE, c’est peu dire (mis à part la Suisse qui part de beaucoup plus haut).

Les salaires sont en-dessous de la moyenne des pays « développés », et les vacances pas si longues que cela. On dit l’école peu efficace, mais sur des critères qui nous laissent au-dessus des normes.

Et le prof, alors dans tout cela ? Début de carrière fracassant, 18 heures de cours + 3 heures supp pendant l’année de validation du concours. Trois semaines après la rentrée, il est déjà sur les rotules. Dernières années avant la retraite. Dur, dur… le décalage avec les élèves est de plus en plus marqué, le poids des réformes, de la charge de travail, des conditions d’exercice du métier insupportable pour beaucoup. Il faut tenir coûte que coûte. Et entre les deux, des espoirs, des déceptions, un découragement… les seules satisfactions viennent de la conscience du travail bien fait. La quasi totalité des enseignants dit avoir choisi d’être devant des jeunes par passion. Ils sont de plus en plus nombreux à affirmer que si c’était à refaire, ils choisiraient une autre voie. Cherchez l’erreur ! Et bien il y en a une : l’Éducation Nationale… et avec cette grosse dame, un dandy nommé ministre de cette même Éducation Nationale. Il fait des voyages en Finlande, rêve d’un prof sous-payé et sur-booké… raté ! Parce que les maîtres n’en peuvent plus, et qu’ils ont décidé de ne pas se laisser faire. L’École est à eux, quoiqu’on en puisse dire, l’enseignement c’est eux, et la qualité qui va avec ! Ce n’est donc pas un politique incompétent qui décidera de ce qu’il doit ou sait faire. Risible !!!

Le 27 septembre, les profs font grève, vont dans la rue. Une manif de plus ? Non pas, c’est un ras le bol de trop, celui qui fait prendre conscience qu’on est allé trop loin avec sa patience, sa compréhension, sa flexibilité. Il n’y a qu’une chose à faire, c’est remettre l’enseignant au centre du dispositif sociétal, comme au temps où on saluait respectueusement Monsieur le Maire, Monsieur le Curé et Monsieur l’Instituteur. Un remède serait de donner enfin aux enseignant un titre qui n’est que le prolongement de leur diminutif pour l’instant (prof) : Professeur. On l’appellerait Professeur Martin, comme les chirurgiens ou certains pontes de l’Université. Et il faudrait alors, respectabilité restaurée, valoriser enfin son salaire. Nos enfant le valent bien !!!

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Philippe Szykulla