Cut the rope, une application venue du froid : les russes « cartoonent » sur vos téléphones !

À voir mes élèves et mes enfants jouer avec des applications colorées et très ludiques sur leur téléphone, j’ai voulu comprendre d’où pouvait venir cette sympathique addiction. Dans un premier temps je me suis intéressé à Swampy, un gentil alligator produit par Disney. Cette fois-ci, ma curiosité stimulée par cette première découverte, j’ai fait ma petite enquête sur Cut the Rope qui m’a emmené au-delà de l’Oural.

Je me suis aperçu que lorsque les russes veulent rivaliser avec les grosses productions déjà existantes ils mettent le paquet et « Cut the rope » en est un bon exemple. Dans l’ombre certes d’Angry Birds (téléchargé plus de 500 millions de fois), ce petit jeu malin se fraie un chemin non négligeable dans le monde de l’amusement sur téléphone (100 millions d’utilisateurs).

Un petite start-up née à Moscou

Zeptolab est une société dont la petite vingtaine de salariés vivent quasi tous à Moscou pour développer leur application phare pour iPhone et téléphone sous Android, Cut the rope. Quasiment tous les pays ont été contaminés par le virus !! Semyon et Efim Voinov, deux frères jumeaux d’un peu plus de vingt ans ont commencé très jeunes à concevoir des jeux vidéo et touchent maintenant le fruit de leur passion commune.

Des frères jumeaux, génies précoces et passionnés de jeu vidéo

Dès la sortie de l’iPḧone les frères sentent bien qu’il y a un coup à jouer. Le principe tourne autour du comportement d’une corde, au bout de laquelle est attachée un objet, en l’occurrence, ici, un bonbon. Les phénomènes physiques sont déclinés, à l’aide algorithmes spécifiques : l’attraction terrestre ou céleste, les lois centrifuges ou centripètes, la poussée d’Archimède… La fluidité de l’application fait oublier les fondamentaux scientifiques sur lesquels reposent les actions successives. L’impression finale ne dépasse pas la sensation de la manipulation innocente d’un enfant d’un bout de ficelle qui s’anime au gré de sa fantaisie…

Au commencement, l’équipe est restreinte mais l’inventivité remplacera le nombre par la qualité jusqu’à ce que le jeu fasse son apparition lors de l’été 2010. Tout d’abord développé pour iOS, puis pour Androïd, c’est le Blackbery qui bénéficie d’une adaptation technique du jeu.

Le jeu et son personnage vedette

Il s’agit d’attraper trois étoiles, et de nourrir Om Nom de bonbons. Le petit monstre a faim et la seule chose qui puisse lui remplir le ventre c’est de couper les cordes qui retiennent les bonbons qu’il veut. Il suffit de faire glisser le doigt sur les cordes pour amener la friandise à sa grande bouche de grenouille. Il y a des étoiles à collecter et des bulles à faire éclater. Plus facile à dire qu’à faire lorsque des ennemis et des obstacles se dressent sur le chemin…

Le drôle de personnage, pensé par Semyon Voinov, est devenu un petit monstre mignon, de couleur verte, suscitant l’instinct des joueurs enclins à satisfaire son solide appétit. Efim Voinov avance que le monstre joue un rôle sur le stress en le canalisant, en faisant sourire le joueur qui se concentre sur l’animation et améliore son bien-être.

Le personnage, drôle, pensé par Semyon Voinov est un petit monstre sympathique, de couleur verte, dont on aura le plaisir toujours renouvelé de satisfaire la gourmandise. Efim Voinov avance, dans une entrevue accordée au blog venturebeat.com que « le monstre joue un rôle sur le stress en le canalisant, en faisant sourire le joueur qui se concentre sur l’animation et améliore son bien-être. »

On se sent bien, dans le meilleur des mondes ?

Peut-on, à ce stade de vision du monde ludique du jeu vidéo séparer le plaisir de l’addiction que cela suppose ? Remarquons, chez la majorité des joueurs, un déplacement du stress quotidien vers un autre, dont il perd irrémédiablement le contrôle. Nul n’est plus maître de ses nerfs quand le conditionnement s’en mêle, d’autant plus dangereux qu’il est agréable. Le fait de lier au portable une activité ludique comporte des dangers dont il est difficile de mesurer l’ampleur, puisque le jeu est fragmenté dans la journée. Les difficultés de concentration augmenteront sûrement, à moins qu’on observe dans une étude future que de s’échapper un instant du présent permette d’y retourner plus facilement. J’en doute ! Tous ces moments perdus qu’il faut passer à rêver ou à se dépenser pour grandir manqueront sur la ligne d’arrivée…

D’où vient le nom du petit héros

Om Nom tire son nom du personnage Cookie Monster de Sesame street. L’onomatopée est passée dans le langage courant, surtout auprès des enfants. Cookie Monster s’exclamait « OM NOM NOM NOM » en gobant des cookies. Les frères Voinov ont plaqué l’expression sur le glouton à la grande bouche.

Des suites à ce beau début ?

Le monstre Om Nom vivra d’autres aventures très bientôt, tout d’abord dans d’autres versions du jeu mais aussi dans des livres numériques chez APE Entertainment et sur d’autres plateformes de jeu, sur PC ou sur console ? D’autres applications, bâties sur la même idées verront le jour. Une bonne recette se doit d’être déclinée…

J’ai testé, j’ai aimé…

J’ai testé les premiers niveaux de l’application. Aucune difficulté insurmontable mais un besoin de réflexion indéniable font un cocktail qui détend. L’affection pour Om Nom n’est certes pas au rendez-vous, comme on se plaît à nous le répéter, mais l’intérêt pour le principe du bonbon suspendu au bout d’une corde qu’il faut faire voyager jusqu’à la bouche du petit personnage est grandissant au fur et à mesure que l’on avance.

On peut aussi jouer à Cut the rope sur Internet, l’application ayant été déclinée en HTML5.

Voir infos complémentaires en anglais : venturebeat.com

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