DSK est-il malade, symbole d’un comportement masculin répréhensible?

Comme tout un chacun, j’ai suivi les frasques de Dominique Strauss-Kahn, tanguant entre une accusation sans concession des faits reprochés et l’attribution de la présomption d’innocence. Nous pourrions nous demander si cette affaire n’est pas venue à point nommé pour des médias qui avaient besoin d’exorciser le comportement machiste des hommes par procuration.

De rebondissement en rebondissement, il est incroyable, invraisemblable que le feuilleton DSK se soit poursuivi avec cette constance. De la chambre du Sofitel à New York à celle du Carlton à Lille il n’y a eu qu’une escale dans les appartements de Tristane Banon. La société avait la nécessité de trouver un anti-héros héroïque pour se rassurer, pour connaître à nouveau la sensation de la chasse à l’homme, exutoire.

À Lille, les putes sont en face du palais de justice

Des femmes qui assouvissent les pulsions des hommes, on le sait, il en existe partout, et depuis la nuit des temps. À Lille, il n’y en a pas que dans le Carlton : les putes sont autorisées à exercer leur tapin en face du palais de justice, tant il est plus facile de réguler leur commerce illicite que de les laisser se perdre dans le bois de Boulogne, à quelques centaines de mètres.

Comportement

Ce fonctionnement de prédateur est inscrit dans le comportement d’une majorité d’hommes qui n’ont pas eu l’éducation au respect de la femme, mimétisme du père ou faiblesse d’une société laxiste et complice ? C’est une réalité, la prostitution est réservée en ultra-priorité au genre masculin, alors que les personnes publiques ne soient pas exemptées de consommation ne nous étonnera pas.

Prévention

Comme pour beaucoup de domaines comme la sécurité routière, la délinquance… la prévention est indispensable. Malheureusement notre empreinte Judéo-chrétienne nous interdit toute franchise et favorise le mea culpa d’après coup plutôt que la réflexion en amont en terme de sexualité. Lorsqu’on en parle dans les médias, c’est pour relater des faits de viol, de déviance, de prostitution organisée. Jamais à une heure de grande écoute nous n’avons d’émission pédagogique qui pourraient être suivies par toute la famille. Et même si cela était, à la maison, la gêne intergénérationnelle nous ferait choisir une autre chaîne, plus ludique.

Condamnation plus ferme

Le crime de sexe, quel qu’il soit, doit être plus fermement réprimé. Il y a atteinte à l’intégrité de la femme ou de l’enfant de manière odieuse en cas de viol ou de consommation illicite. On pourrait regretter que les maisons closes n’existent plus pour avoir un vrai regard sur la prostitution, ainsi qu’un meilleur contrôle, mais il faudrait surtout que les discours politiques sur les dérives du sexe soient moins moralistes et plus réalistes.

DSK

Dominique Strauss-Kahn a fauté à plusieurs reprises, si on en croit ce qui nous est dit. Il a été indigne d’être un modèle pour la société, pour les peuples dont il défendait la légitimité économique. Il doit arrêter de jouer un rôle, tel celui organisé sur TF1 le 18 septembre dernier avec la complicité des journalistes, au journal de 20 heures. La plus grande pudeur, s’il en avait, serait de se retirer sur la pointe des pieds, ou pourquoi pas de militer à l’inverse contre ce qui a fait de lui quelqu’un qui n’accepte pas la notion de frustration.

Éducation

Savoir dire non, comme savoir s’interdire, est la première des étapes pour grandir dans l’estime des autres comme dans la sienne. Ceci dit, il ne faudrait pas qu’on pense que l’homme ne doit plus avoir de pulsion sexuelle. Il en a, et de nombreuses. Il suffit de les maîtriser, ce qui s’apprend comme on apprend à tenir une fourchette, à écrire ou à respecter l’autre.

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Philippe Szykulla