Économie, le piège électoral

Moody’s, Standard & Poor’s, Fitch Ratings sont 3 agences financières qui ont la part encore plus belle depuis la crise de 2008. Lorsqu’on regarde leurs classements, ils se tiennent. Par exemple pour la France, les trois organismes on fixé sa capacité financement à moyen (plus d’un an) ou long terme (10 ans ou plus) à […]

Moody’s, Standard & Poor’s, Fitch Ratings sont 3 agences financières qui ont la part encore plus belle depuis la crise de 2008. Lorsqu’on regarde leurs classements, ils se tiennent. Par exemple pour la France, les trois organismes on fixé sa capacité financement à moyen (plus d’un an) ou long terme (10 ans ou plus) à la note maximum, soit AAA. Ce qui fait, toujours pour la France, que les taux d’intérêts sont pour elle au plus bas possible. Le vieil adage qui dit qu’on ne prête qu’aux riches est ainsi confirmé !

L’impact de la notation sur le comportement d’un pays

La dimension attractive d’un pays est lié à la notation financière sans qui tout investisseur ne peut étalonner ses risques. L’avènement de la zone euro, et la création d’un marché financier en euros a renforcé la libre circulation des capitaux, donc le regard acéré des agences de notation. A ce titre, la notation AAA a renforcé l’idée des états membres européens concernés dans leur capacité à s’endetter à long terme, donc à alourdir l’addition pour les années à venir. Cette dette grandissante, indolore en période de croissance forte, prend une dimension dramatique lorsqu’une crise apparaît. Cette crise, selon des modèles Keynésiens, appellent l’intervention des États pour soutenir les économies. De ce fait, la dette gonfle et la capacité à rembourser diminue. Le serpent se mort la queue.

Le décalage entre les rythmes financiers et politiques

Un pays est en crise depuis trois ans, le nôtre pour ne pas le citer. Il a fonctionné selon le modèle commun de tous les états industrialisés par excellence : parier sur l’avenir, hypothéquer sur des résultats futurs, spéculer sur les rentrées d’argent. Les différents gouvernements ne peuvent pas compter sur les vertus cycliques de l’économie qui vit sur un mode de variation quasi météorologique « anticyclonique » et « dépressionnaire ». En effet le hic vient de ce que le rythme politique ne se calque nullement sur celui de la bourse, ce qui fait que certains dirigeants ont de la chance et bénéficient d’un Eldorado économique insolant, Reagan en est le parfait exemple, et d’autres ont la scoumoune et arrivent au pouvoir en zone de turbulence. Donc, le président verni dépense sans compter la manne immédiate, sans vraiment penser à épargner, l’État en crise emprunte sans compter pour rester sur le même pied d’égalité.

Le dilemme : austérité forte ou modérée

La dette publique française atteint actuellement 85 % de son Produit intérieur brut (PIB), soit 1 646,1 milliards d’euros, en progression de 110 milliards d’euros depuis un an. Les dernières augmentations sont vertueuses, elles ont permis de sauver l’Europe du chaos, elles ont renforcé la solidité de la majorité des banques (à confirmer !) et permis de faire des coupes sombres dans les services de l’État. A fortiori, la menace de voir la capacité d’endettement diminuer, conforte Fillon de serrer plus encore les boulons. Exercice difficile, puisqu’il ne faut pas trop handicaper la croissance nécessaire à la consommation, elle-même régulatrice de lacroissance.

La France liée aux choix personnels du président

La seul problème pour Sarkozy est d’être en période électorale. Le prétexte arrivait à point nommé pour accentuer la décentralisation, donc reporter le poids du fonctionnement de la France sur les collectivités territoriales, de sabrer encore plus les services d’État tels que la santé ou l’ éducation, de jouer avec la bulle spéculative pour engraisser ses amis. La recherche d’un équilibre entre l’intérêt personnel et celui de ses concitoyens est une nouvelle donne pour le parti au pouvoir. De plus, il ne s’agit plus de se centrer sur des promesses électorales, mais sur des résultats immédiats. Il y a lieu d’être inquiet, sinon pessimiste : et si Sarkozy décidait de laisser un cadeau empoisonné à Hollande, pour revenir en sauveur en 2017 ?