Football : Deschamps et Gignac, un peu de décence s’il vous plaît !

La planète foot est pleine de passion, de folie et de pognon. Les vedettes suscitent l’adoration des supporters, l’agitation de la presse, l’affolement du prix des transferts. Que dire alors de la réaction de ces grands enfants gâtés-pourris, qui non seulement vivent sur un nuage de luxe sans commune mesure avec les risques qu’ils prennent mais aussi se permettent de défrayer la chronique par leur comportement écervelé !

Le poids des maux…

Les dernières frasques sont à mettre au crédit de deux acteurs de l’Olympique de Marseille, club qui s’enfonce au début de championnat dans les profondeurs du classement et se fait humilier en Coupe d’Europe à domicile. D’un côté André-Pierre Gignac, éternel espoir du ballon rond, de l’autre Didier Deschamps, entraîneur et ex-gloire de la balle au pied… Le premier reproche à son coach de ne le sous-employer sur le terrain, de ne pas lui faire pas confiance, et le second demande le respect de ses décisions, jusqu’à exiger de son joueur le vouvoiement, alors que lui-même le tutoie. Je découvre à ce jour la hiérarchie qui existe dans le monde du football. Comme il doit être difficile de dire « vous » lorsqu’on gagne plus que son interlocuteur, et que le but sur la pelouse est justement de jouer !

… le choc des poteaux

Rappelons que Didier Deschamps n’a pas titularisé André-Pierre Gignac pour le dernier match contre l’Olympiakos, donnant à l’avant-centre l’occasion d’exploser devant les joueurs, dans les vestiaires, et de signifier son incompréhension. Surprenant, quand on sait que Gignac a le meilleur ratio de tirs cadrés des championnats européens, rapporté à son temps de jeu ! La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre : Gignac ne jouera pas contre le PSG dimanche et s’entraînera avec l’équipe réserve mardi… Et alors ?

Grands enfants…

Tout cela a le mérite de révéler ce qui doit se passer au quotidien dans l’antichambre du foot professionnel. Une ambiance de cour de récréation. La définition de l’enfantillage se rapporte à des paroles, des comportements qui conviendraient mieux à un enfant qu’à un adulte. Gignac reproche à Deschamps de faire « des enculeries » à ses joueurs, et l’autre exige de son joueur des excuses publiques. Il est communément admis que se plier à l’exercice de la contrition devant une assistance est le meilleur moyen de faire péter les plombs à l’intéressé. Où l’éducateur manque autant d’éducation que ses ouailles !

… petits comportements, et gros salaires

Les salaires de ces grands enfants : 300.000 euros par mois pour André-Pierre Gignac, 250.000 euros pour Deschamps… Une paille, et un professionnalisme inversement proportionnel à la hauteur des émoluments. Apparemment, il suffit parfois d’avoir été pour tirer le gros lot, situation éphémère si elle perdure, mais lucrative.

Combien de commerciaux résisteraient à une telle marque d’incompétence et de résultats ? Combien d’ouvriers consciencieux ont-ils laissé leur santé et leur vie au contact de l’amiante pour le SMIC ? Et lorsqu’ils réclament une indemnisation, soit il ne l’obtiennent pas, soit on leur demande de la rembourser si on leur a versée ! Un peu de décence serait donc la bienvenue, surtout lorsqu’on sait que certains malades, chômeurs ou smicards se réconfortent en regardant le foot pour s’évader du quotidien.

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Philippe Szykulla
Publications: 179