J’ai peur de de plus croire au PS après cette mascarade

J’avais choisi une ligne de gauche d’espérance, et pas de compromis ou de communication pur jus. Et voilà que les primaires citoyennes s’enfoncent dans l’incompréhensible. Le jeu des alliances, et des règlements de compte, a pris le dessus sur le respect des électeurs du PS. Tout pour ma pomme, et je te laisse le trognon… Montebourg, qui m’a tant séduit par son attitude et ses idées courageuses, même s’il fallait réfléchir à la faisabilité, a cédé à l’appel de la facilité, a fabriqué son champion et pourra s’enorgueillir d’avoir sa part dans la gloire du parti socialiste, et de ce fait de sa gloire à lui.

La déception

Lundi matin, aux premières heures, lorsque le réveil sonnera le début de semaine, j’aurai la tête emplie du chiffre de la veille : François Hollande gagnant à 56% des voix contre 44% à Martine Aubry. Et cela ne reflètera pas la réalité du terrain, des attentes, de mes attentes. J’ai besoin de croire en un puncheur pour affronter Sarkozy, mais aussi pour faire la différence avec Mélanchon (que j’aime bien, soit dit en passant…), avec Marine le Pen. Il ne suffit pas de se préparer pour un choc frontal mais enlever aussi ses œillères pour parer les coups latéraux ! Et là, je sens que mon bon nounours de Hollande, avec son verbe délicieusement fleuri, a bigrement besoin de progresser pour survivre dans cette jungle.

Le renoncement

Serai-je comme ces millions de déçus, aurai-je envie de tout plaquer et de ne plus croire en quoique ce soit ? Mon cœur politique s’ouvrira à d’autres horizons que je ne soupçonnais pas, et je renoncerai, puisque je ne croirai plus, à porter mes espoirs dans la candidature d’un socialiste aux élections présidentielles. Une seule chose, c’est que l’espoir renaisse d’une divine surprise : soit Martine gagne tout de même, soit François se révèle être autre chose que ce qu’il nous montre actuellement.

L’abnégation

Quoiqu’il arrive, « le peuple français » survivra aux chocs des turpitudes politiques. Il ne doit pas oublier que son pouvoir tient dans les assemblées, et que localement rien ne l’empêche de choisir la fraîcheur, le courage et l’abnégation de candidats convaincus qu’il faut aller vers une autre vie pour les français : qualité de vie plutôt que croissance, école prioritaire et à tout prix, un emploi pour tous ( et pour y arriver, il faut réfléchir à d’autres modèles de distribution des richesses)… Il faudra surement en passer par cette étape législative avec plus d’enthousiasme, étape trop souvent effacée par la splendeur de l’élection présidentielle qui précède.

Mais en définitive, peut-on ne plus être de gauche malgré tout, lorsqu’on en a la conviction profonde ? Il ne faudrait pas que l’UMP se réjouisse trop vite, la bascule ne se fait pas aussi facilement, nous ne sommes pas tous des Besson en puissance.

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Philippe Szykulla