L’Allemagne serait le pays le plus apprécié au monde en 2013

Et si l’Allemagne n’était pas qu’une puissance économique enviée et que le pays donnait envie au reste du monde d’y mettre les pieds, pourquoi pas pour faire un peu de tourisme. En 2013 la BBC classe l’Allemagne en première place des pays préférés.

En effet, si certains commentaires fustigent la fascination des gouvernements envers le modèle d’austérité prôné par Angela Merkel, d’autres mettent en avant la toute puissance du football allemand qui, en cette période de l’année, voit Munich et Dortmund s’affronter en finale de la Ligue des Champions, et les derniers soupirent en lorgnant vers les belles voitures que font Mercedes, Audi, BMW, Porsche et Volkswagen, symboles de luxe pour la plupart et de fiabilité pour toutes. (Les commentaires cités ci-dessus sont à découvrir en bas de l’article de France Info . Ils sont spécifiques de ce que pense le Français moyen de l’hégémonie allemande.)

Mais au-delà de ces clichés, il y a des éléments, parfois cachés de ceux qui ont voté pour ce classement, qui font mériter à l’Allemagne cette première place.

(Source : BBC)

Des charmes touristiques trop méconnus

L’Allemagne n’est pas un pays à forte valeur ajoutée touristique, même si Berlin devient une plaque tournante du voyage branché. Cela veut-il pour autant dire que le pays n’a pas d’atouts en ce domaine ? Certes non, au contraire, juste que la promotion de ce qu’on peut y trouver n’a pas été mise en avant.

De même son patrimoine culturel souffre de la comparaison avec ses voisins européens, à tort tant il y a de merveilles à goûter. Jetez juste un coup d’œil à l’article sur les attraits de l’Allemagne de Sabine Aussenac sur le Huffingtonpost pour vous rendre compte ce qu’évoque « la richesse de ses paysages, des plaines tourbeuses de la Lande de Lüneburg aux cimes majestueuses des Alpes, en passant par les remparts des quelques cités ayant échappé aux ‘bombardements tapis’ des Alliés et par les rives langoureuses du Rhin. Et tous ces petits villages de carte postale de la Forêt Noire, débordants de croisées fleuries… Et les immensités presque boréales des îles de la Mer du Nord et de la Baltique. »

Le déficit de reconnaissance en tant que pays touristique ne pourrait venir que de ce qu’il n’est pas assez au sud, manquant singulièrement de cigales, et pas assez au nord, échappant à la fascination viking. Mais à l’instar du titre du livre d’Alain Peyrefitte sur la Chine, nous pouvons être sûrs que la courbe s’inversera lorsque l’Allemagne s’éveillera aux sens et promouvra ses capacités à recevoir le visiteur.

Il est vrai que toute l’époque d’avant l’euro n’a pas aidé la décision de se rentre outre-Rhin pour les vacances. Le mark fort était une dissuasion vis à vis des autres monnaies. Les Allemands eux-mêmes, aujourd’hui, ne donnent que peu de crédit aux vacances dans leur propre pays, lorgnant vers toutes les contrées longeant le pourtour de la Méditerranée.

Sac sur le dos dans la Forêt-Noire, mes souvenirs d’ado

N’étant pas un germanophile absolu – je ne lis pas « Die Welt » chaque jour, baragouine juste la langue et ne me nourris pas de spätzle et de schnitzel exclusivement – je n’en suis pas moins un témoin privilégié de l’attrait inexorable que l’Allemagne exerce sur celui qui a pris la décision de regarder le pays avec un autre regard, d’y aller souvent et de vivre avec les habitants.

Mes premières émotions, adolescent, ont été vécues lors d’un périple, sac sur le dos, à travers la Forêt-Noire, en compagnie de mes parents. La puissance de la nature, les caractéristiques de l’hébergement, le contact avec l’habitant sont gravés dans ma mémoire. Et un mot sonne encore dans ma mémoire musicale, qui vient du repas d’une soirée où j’ai mangé de la truite et me suis rendu compte que la pièce célébrissime de Schubert se nommait Die Forelle dans le texte. Le seul hic, en rapport avec le change de l’époque dont je parlais ci-dessus, c’est que le prix de l’hôtel se comptait par personne et non pas par chambre…

D’autres moments très forts ont éveillé cet intérêt pour le pays de Goethe. Pensez à une arrivée par avion, en 1988, la nuit sur Berlin, avec cette ville coupée en deux. À l’ouest le strass des lumières de l’occident, à l’est du béton plongé dans le gris. Et un an plus tard, mon frère qui s’arrête sur une autoroute pour m’appeler en me disant que toutes les voitures sont arrêtées sur le bas-côté et que les conducteurs se congratulent en pleurant de joie à l’annonce de la chute du Mur. C’est ça l’Allemagne. Une force et une émotion. La première fait sa force, la seconde son attrait.

Une réelle attractivité économique

Nous ne pouvons qu’être étourdi en pensant que le pays a surmonté le désastre de trois guerres et la difficile réunification des deux blocs allemands en redevenant à chaque fois le poumon de l’Europe et une des références économiques du monde. On ressent très fort cette détermination.

Un ami à moi, habitant près de Francfort, me racontait qu’il fabrique des machines pour enrober les autoroutes. Il ne compte plus les heures supplémentaires du samedi. Le carnet de commande est plein et les destinations de ces machines-outils s’égrène comme un inventaire à la Prévert : Russie, Chine, Inde, Brésil, entre autres. D’être présent sur tous les fronts et continents, ça aide à entretenir la cote de popularité.

Le dynamisme se combine avec une attractivité qui n’est pas bridée : un million d’immigrants en 2012. Est-aussi pour cela, donc, que l’Allemagne devient la bien-aimée du reste du monde ? En tous cas, l’attractivité semble réelle dans de nombreux domaines, alors si l’image made in Germany luit de mille feux au-delà de ses frontière, peut-on mettre cela au crédit du hasard ? Même Hollande vante le modèle allemand en terme de gestion d’emplois. Attention, finalement, à ce que ça n’en devienne pas énervant !