Marine le Pen fait les yeux doux aux maires : panique à bord au sujet de ses 500 signatures

Sur le site de Marine le Pen, un espace est réservé aux maires. On y sent l’inquiétude de la candidate du FN sur les 500 signatures dont elle a besoin pour se présenter à l’élection présidentielle. De son propre aveu, c’est loin d’être acquis. Deux raisons essentielles.

 

Hésitations des machistes de la politique

Elle n’a pas le réseau naturel que s’était constitué son Jean-Marie de père (qui envoyait des boîtes de chocolat et du champagne à certains élus) et il semble que le report ne soit pas aussi évident, même si la continuité est clamée haut et fort. Par ailleurs, elle est une femme qui fait encore hésiter les machistes de la politique. En outre, et comment le prouver, elle se dit barrée par l’UMP ou le PS qui feraient pression tout ce qu’ils peuvent pour empêcher les parrainages.

Sur l’espace réservé aux maires, un certain nombre de points sont évoqués. Tout d’abord, comme dans tout bon devoir, une introduction qui présente ses convictions au travers desquelles elle dit avoir « décidé de soumettre les valeurs auxquelles je crois et le projet pour la France qui en découle au suffrage de tous les Français, confortée dans cette volonté par un nombre toujours croissant de nos compatriotes ». Elle poursuit, un peu plus loin que sa « candidature recueille 20% d’intentions de vote dans les derniers sondages ».

Marine le Pen, un sanglot dans la plume, avoue officiellement qu’elle n’a « toujours pas à ce jour rassemblé les 500 promesses de « présentation » nécessaires » pour être candidate. Elle joue l’accent de « la vérité : à ce rythme-là, je risque de ne pas pouvoir être candidate à l’élection présidentielle ».

Marine le Pen met ce manque de retour sur une « grève des parrainages » et brandit déjà le manque de démocratie de cette attitude. Mais la démocratie c’est tout le contraire, c’est la liberté de choisir, ou pas, de porter une personne à la candidature officielle. Alors si un candidat ne plaît pas, ou qu’il fait peur et dont il n’est pas louable de se recommander, il ne faut pas s’étonner de son manque de succès. Les extrêmes qui attirent les médias et la foule de déçus repoussent les reconnaissances parce qu’ils sont soudain lourds à porter.

Accents de patriotisme

La méthode Coué appliquée à la politique donnerait ce que Marine Le Pen écrit un peu plus loin : »Je vous sais férocement attachés à notre démocratie et au droit pour tous les Français de voter pour le candidat de leur choix. » Et elle croit sincèrement que ces accents de patriotisme vont toucher les élus au fond de leur conscience ? Qu’ils soient attachés à la démocratie, on peut le croire, mais que cet état de fait leur donne soudain une envie pressante de soutenir un candidat encombrant…

La candidate incertaine exhorte donc et supplie presque : « Je vous demande, pour permettre à cette élection de se dérouler dans des conditions irréprochables d’équité et de respect des valeurs républicaines, de m’accorder votre parrainage. » Eh bien, je dirais volontiers aux maires et autres élus : tenez bon, on ne peut pas prendre le risque de fausser le débat démocratique en octroyant des mandats contre nature à un candidat.

En effet, la baisse du nombre de conseillers régionaux ne permet pas de poser un socle de parrainages aussi solide qu’en 2004, quand le parti avait 156 conseillers, alors qu’il n’en a plus que 118 à l’heure actuelle. On se souvient de la vague rose de 2010. La France avait fait un choix qui écartait le FN et faisait plus confiance encore au PS.

Si Marine le Pen n’est pas au premier tour, c’est qu’elle n’y a pas sa place, un point c’est tout !

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Philippe Szykulla