Primaire socialiste : citoyenne ?

Les primaires citoyennes des 9 et 16 octobre 2011 vont lancer la campagne socialiste. En élargissant le vote à tous les sympathisants, moyennant un euro, le parti socialiste tente d’occuper l’espace médiatique et montre qu’il est incapable de proposer une candidature forte, évidente. En son temps, François Mitterrand n’a laissé à quiconque la charge de représenter la gauche au scrutin présidentiel. Comme une évidence, il a été élu en 1981, et réélu en 1988. C’était un personnage de premier plan, une figure devenue emblématique et inévitable, une réelle alternative dans une 5ème république traditionnellement de droite, et la suite l’a confirmé.

Aujourd’hui, 6 candidats, et chacun au nom de la démocratie, briguent l’investiture du PS, au travers d’un vote populaire. Déjà, pour 2007, nous avions hérité d’un produit purement médiatique, fabriqué à coup de médias et d’inédits ! Nicolas Sarkozy en rit encore. D’ailleurs, notre président de la république actuel est en fin de règne, essoufflé, dans une crise de popularité chronique. Qu’il se mettre à se gratter la gorge cet hiver et la France toussera. Président médiocre ? L’histoire nous le dira, le comparera au suivant, si ce n’est pas lui. La question du jour n’est pas tant de décider une succession mais de s’attrister du spectacle de la seule force d’opposition susceptible de proposer une alternance, salutaire à la démocratie. Éliminons, de prime abord, les freluquets politiques et attardons nous à François Hollande et Martine Aubry. Autant j’ai pu avoir de la sympathie pour l’un ou l’autre par le passé, autant je les regarde maintenant avec méfiance, leur faible expérience et leur insignifiant rayonnement n’incitant pas à l’engouement.

Lorsqu’on se rend sur le site des élections prochaines, nul programme commun, et pour cause, il nous faut cliquer sur le lien de chaque candidat pour découvrir son programme. Comment admettre qu’à 8 mois des élections présidentielles, aucune unité de programme ne puisse se dégager. Il s’agit tout de même de prouver qu’on peut gouverner ces prochaines 5 années, de manière efficace et forte. À la place, on n’y comprend rien. Faut-il croire que, passé le 16 octobre, toutes ces mesures seront empilées les unes sur les autres, pour faire riche ? Ou alors, on ne gardera que celle du champion, en enterrant les 5 autres professions de foi, de gauche, de raison socialiste, en disant que c’était nul, puisqu’elles n’ont pas été choisies ?

J’ai envie de changement, comme beaucoup de français. J’ai aussi envie de croire : alors que les candidats nous apportent de la crédibilité et de la force ! De quoi, à minima, nous rassurer.

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Philippe Szykulla
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