Recueillement devant le beffroi d’Armentières. Il fallait y être !

Douze victimes, quelques centaines d’Armentiérois qui leur rendent hommage, dans le froid tombant de la nuit hivernale. Voilà un tableau réjouissant pour la poursuite démocratique de la vie républicaine en France. Charb, Cabu, Wolinski et leurs 9 compagnons d’infortunes parlent à notre conscience, nous demandent de témoigner pour le combat qu’il faut poursuivre : lutter contre la barbarie dictée par des revendications religieuses, continuer à dénoncer la bêtise humaine.

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Rendre hommage, nous recueillir en masse. Voilà un pouvoir dont nous sommes investis depuis hier, depuis que Charlie Hebdo a subi cette offense à la vie, à la démocratie, l’assassinat de 12 personnes, dont deux policiers, par des criminels qui se disent investis d’une mission divine. Ce 8 janvier 2015, nous nous sommes réunis autour du beffroi à Armentières, qui se dressait, illuminé dans la nuit naissante. Au bord du hall ouvert un diaporama faisait tourner en boucle le nom et le portrait des 12 victimes.

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Le son d’un orgue s’élevait, jouant un air lancinant et pesant. La foule, dense et concentrée a vécu pendant plus de trente minutes une peine commune. Les pancartes « Je suis Charlie » avait été préparées dans l’après-midi sur les imprimantes personnelles. Un badge reprenant le slogan était distribué ainsi que des lumignons. Il régnait une ambiance de souffrance, d’incompréhension et de regard vers Charb, Cabu Wolinski et les 9 autres.

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Comme partout en France, des crayons se dressaient pour rappeler le combat inégal entre l’intelligence sociale des caricaturistes et l’obscurantisme des terroristes. Le froid qui commençait à mordre les joues n’empêchait pas la chaleur et l’intensité de la prise de conscience collective. Tous les âges, des mamans avec un jeune enfant, un couple à la retraite, des adolescents graves, des amoureux serrés l’un contre l’autre pour mieux communier.

NSCRAYONS

Je suis heureux d’avoir pu me joindre à ce mouvement spontané dans lequel les élus se fondaient, ne souhaitant autre chose que d’être des citoyens français comme les autres. La Marseillaise a retenti, résonnant dans le centre-ville, traversant les corps raidis par l’émotion et la fierté d’être là. Il fallait se déplacer, pour se sentir unis dans cette négation de l’horreur, ce déni du fanatisme meurtrier. La seule revendication qui vaut à ce jour est de préserver, ensemble, la démocratie pour garder l’acquis d’une liberté enviée, d’une égalité toujours en progrès, d’une fraternité qu’il ne faut jamais oublier.

La République doit vivre et survivre à cette épreuve, elle doit sortir grandie de ce chaos. Que tous ces instants de silence soient des actes de résistance.