On nous prend pour des cons : parce que nous le voulons bien !

Nous sommes les moutons dont ont besoin les politiques. Si nous ne suivons pas leurs décisions, même contestables, ils n’existent pas. Alors n’est-ce pas le moment de réfléchir à d’autres alternatives ?

Il nous suffit de citer deux références littéraires du passé pour nous rendre compte que le phénomène d’assujettissement au pouvoir n’est pas nouveau. Rappelons-nous La Boétie qui traitait de la passivité humaine dans son Discours de la servitude volontaire en 1549, alors qu’il n’avait que 18 ans et de Rabelais dans son Quart Livre, au chapitre VIII qui fait plonger les moutons de Dindenault à la mer par le fait de ce farceur de Panurge qui, en y jetant le premier, fait suivre les autres.

Ne nions pas les révoltes qui ont émaillées l’histoire de leurs issues sanglantes, mais elles sont le fait d’une accumulation de longue soumission vis à vis d’un pouvoir excessif, pour ne pas dire autoritaire. La succession de mouvements dans les pays arabes, ces derniers temps, en est l’exemple type, et, malheureusement, il n’est pas dit que les nouveaux pouvoir n’aient pas la tentation de dicter des lois à ses semblables qui aillent à l’encontre des libertés fondamentales.

L’argent au pouvoir

Il est une dictature que personne ne nie aujourd’hui, celle de l’économie de marché. En son nom on dresse des procès aux États-Unis ou à la Chine, mais aussi on nous fait gober n’importe quelle pilule amère.

La dernière en date est la conséquence de la crise de 2008 où déficits et faillites amènent les gouvernements du Nord à prendre des mesures drastiques qui ne touchent que le peuple de manière démocratique et épargne le capital de la même façon. Mais parce que, mon bon Monsieur, c’est l’argent qui fait tourner le monde, et sans monnaie sonore et trébuchante, nul n’est heureux, du moins ceux qui ont la chance d’avoir un fonds financier suffisamment conséquent pour pouvoir prétendre à le dépenser.

Contre-vérités

Il suffit de se pencher quelques instants sur l’intervention de Nicolas Sarkozy, ce dernier jeudi, pour prendre conscience qu’il compte bien nous faire prendre ses vessies pour nos lanternes… Le coup de maître, ce n’est d’ailleurs pas nouveau, est de dresser le spectre du bouc émissaire, en l’occurrence en France, celui des 35 heures.

Le président de la République dit en ces termes : « Les 35 heures ont ruiné la compétitivité du pays, dans le même temps M. Schrœder, pourtant socialiste allemand, faisait l’inverse« . Lorsqu’on compare avec l’Allemagne, on se rend compte que le temps de travail moyen des français en 2007 était de 1.570 heures à l’année, contre 1555 outre-Rhin. Si je ne m’abuse, la productivité des Allemands se porte plutôt pas trop mal, en ces temps difficiles.

Détourner la vérité pour aboutir à ses fins n’est pas digne d’un chef d’État, mais surtout peut être assimilé à un dictat et à un abus de pouvoir. Nicolas en rajoute une couche lorsqu’il nous assène que nous avons les impôts les plus lourds d’Europe, alors que plusieurs pays, dont ceux du Nord de l’Europe, ont des prélèvements plus élevés et moins de chômage.

La manipulation n’est pas une fatalité

Revenons à nos moutons, et l’expression est bien choisie. Que faisons nous pour nous insurger contre un foutage de gueule permanent dont nous sommes les victimes consentantes ? Pas grand chose. Certes il y a bien un mouvement international des Indignés. Cette levée de foule exaspérée est remarquable, parce que pacifique et intelligente. C’est une prise de conscience collective d’un petit nombre de citoyens du monde et une volonté de montrer que l’homme n’est pas dupe. Mais, mais… ces rassemblements spontanés, favorisés par leurs propagation sur les réseaux sociaux manquent d’idéologie, sont repris par les médias sous forme d’images folkloriques.

Je souhaite de tout cœur un grand avenir aux Indignés, encore faudrait-il un engouement plus conséquent et surtout une organisation structurée. Nous avons vu que les réseaux sociaux pouvaient permettre de grandes choses, en commençant par la Tunisie, mais au prix de quel sang versé. Par contre ne sont-ce pas les martyrs de la révolution arabe qui ont porté la contestation, et non pas une organisation implacable ?

La fatalité a le cuir épais

Le constat international plaide en la faveur d’un NON massif à l’exploitation de l’homme par l’homme – enfin ! – et à son expression tout aussi massive, pourquoi pas en nous indignant.

En attendant, nous sommes globalement bien trop passifs, attentistes et râleurs dans notre coin et si aucun d’entre-nous ne rejoint son voisin dans un mouvement fort pour dire qu’il faut changer la donne financière, il ne faudra pas se plaindre qu’on nous prenne pour des cons… parce que nous le voulons bien.

Paru sur le NouvelObs

  • karim oufighou

    bien que je sois un utilisateur de reseaux sociaux ,je ne leur fait pas vraiment confiance ils peuvent etre instrumentalises au moment voulu et se retourner meme ;etant donne qu’on ne connait pas vraiment les veritables groupes d’interet actionnaires .y a toujours cette question d’argent qui revient . il faut un changement ca c’est sure ! comment? la est la question!!!!!!!!!!.