Le grand bluff des candidats à la présidentielle 2012

Des candidats à la présidentielle nous font des promesses établies sur des hypothèses optimistes de croissance dans les cinq années à venir. C’est se moquer du monde et essayer de faire prendre nos vessies pour leur lanterne. Plusieurs raisons rendent ces affirmations électoralistes insupportables.

Tous les voyants sont au rouge, et on veut nous faire croire de les lendemains seront roses

Tout d’abord, et c’est là le plus inquiétant, chacun de nous sait parfaitement que  nous sommes soumis aux aléas des marchés et que ceux-ci sont particulièrement instables dans le temps, surtout que les nouveaux pays ayant une croissance à deux chiffres montrent des signes de stagnation dus aux difficultés de pérenniser un climat social stable (Chine), de compter avec une prise de conscience écologique (Brésil) ou de s’assurer d’un équilibre ethnique (Inde). Les AAA se comptent sur les doigts d’une seule main et en France le chômage a repris sa progression inexorable ces dernières semaines, prouvant que le tissu industriel français continue à s’effriter.

Même chez les écologistes, l’accent n’est jamais suffisamment mis sur notre dépendance aux matières premières et sur l’idiotie de croire que la disponibilité énergétique est extensible à l’infini. L’idée même de croissance, même autour de 2% l’an, devient indéfendable tant cela met l’avenir de nos enfants en péril. La dette grève tout espoir de retour à une situation satisfaisante.

Ayez peur !

De même, le tout sécuritaire, le positionnement en sauveur de la Nation est un leurre mainte fois réchauffé. Il suffit, et malheureusement l’actualité donne toujours du grain à moudre aux Zorro de service, il suffit donc de calquer son discours sur des faits d’agression pour que la population se pose des questions qui ne lui venaient même pas à l’esprit. Le but des manœuvres est de rassurer le français moyen et de mettre sous tutelle ceux qui n’ont même pas la chance de l’être. Plus de gendarmes et de policiers demain et une HÉNAURME croissance de champion dans le prochain quinquennat sont les fondamentaux sur lesquels tout candidat pourra broder sa différence.

Grosse com pour petits effets…

Après chaque scrutin, il est de bon ton de s’interroger sur l’abstention grandissante, la mettant sur le dos de l’individualisme forcené, le beau temps ou la pluie… Regardons aussi du côté des politiques : à force de nous raconter des bobards auxquels ils ne sont pas sûr d’adhérer eux-mêmes, ils perdent, vaille que vaille, la crédibilité nécessaire. Ajoutons le charisme défaillant, dont la faute revient à la télévision qui grossit les traits et affadit le caractère – car n’est pas acteur qui veut – et la nostalgie des grandes figures du passé se fraie un chemin dans les limbes embrumées des cerveaux des électeurs.

Reste à nous prendre pour des c.., et là, ce n’est pas gagné !

Les petits plats mis dans les grands, les moyens colossaux pour apparaître, paraître et souvent disparaître ne doivent pas nous faire oublier que le bon sens et l’honnêteté ont leur place. Au risque de rayer toute envie citoyenne nos candidats nous enfument. Il ne suffit pas de monter sur un tracteur ou cajoler une Charolaise pour donner au costume de présidentiable un air crédible. Mais ne serai-ce donc pas le début de la fin pour notre belle civilisation arrogante dont on rejette les torts sur les excès de consommation qu’il faut toutefois soutenir… Et marcher sur la tête, comme les Australiens aux antipodes, ça vous dit ?

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Philippe Szykulla